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recrutement

Web2day 2013 : Le bilan

Le Web2day réunissait à Nantes pour sa 5e édition les 16 et 17 mai tous les acteurs du digital, des plus influents, comme le leader français du e-commerce, aux plus prometteurs comme les start-ups défendant leur idée devant le jury du Start Up Contest.

Nous tenons à remercier Marion Lagadec de nous faire partager l'effervescence de ces deux jours de débats, conférences et ateliers qui ont réuni 1 200 personnes dans un lieu symbolisant le dynamisme de la ville de Nantes : la Fabrique, anciens chantiers navals reconvertis en lieu culturel (salles de concert Stéréolux et Trampolino) et abritant l'éléphant, devenu l'un des symboles de la ville.

Avant tout, l'équipe organisatrice d'Atlantic 2.0 emmenée par Adrien Poggetti mérite qu'on lui tire un grand coup de chapeau car elle a fait de cette rencontre un véritable succès, dont l'écho s'est propagé largement. Le concours du tweet le plus populaire n'y a certainement pas été étranger : le fil du live tweet était diffusé sur grand écran dans chaque salle de conférence, et le trafic mesuré par Bringr, un outil d'analyse des réseaux sociaux créé par Simon Robic et François-Guillaume Ribreau, primés au Start up Contest 2011 et 2012.

1ère conférence avec le Président de voyages-sncf.com, leader français du e-commerce,  Yves Tyrode, interviewé par Stéphane Distinguin, nous a fait partager son expériences : Les leviers sur lesquels il s'est appuyé pour devenir leader français du e-commerce dans le secteur du tourisme :

- 4 achats sur 10 se font en ligne, contre 2 sur 10 en moyenne dans les autres secteurs. 
- L'internaute est de plus en plus exigeant et compare sur une dizaine de sites, notamment à travers les comparateurs qui ont connu un succès croissant, pour être certain d'optimiser le rapport qualité / prix du voyage choisi (contexte de dégradation du pouvoir d'achat qui influe à la baisse sur le budget vacances des Français).
- C'est ce contexte économique qui explique que les achats se décident de plus en plus à la dernière minute (ils représentent désormais près de 30% des achats), et de plus en plus sur un terminal mobile (smartphone ou tablette) : en 2012, les ventes en mobilité ont représenté un billet toutes les 5 secondes.
- Le partage et la recommandation sont également une tendance de fond puisque 55% des internautes choisissent leur destination de voyage en regardant les photos de leur entourage.
- Les réseaux sociaux sont à ce titre considérés par Yves Tyrode moins comme un outil de vente que de relation client.

Il est donc primordial de faire de l'expérience d'achat une expérience réussie, afin qu'elle soit réitérée et partagée. On comprend vite que la qualité de service est l'un des indicateurs clés qu'Yves Tyrode suit quotidiennement, avec la satisfaction client. La satisfaction des salariés est le troisième, car il est persuadé qu'un salarié n'est efficace que s'il est heureux et épanoui dans son poste et dans son environnement.

 A la question de savoir quelle idée il mettrait en œuvre s'il devait se lancer à nouveau dans l'aventure start up , Yves Tyrode créerait un outil de traduction simultanée à partir de la capture vidéo d'un smartphone, pour traduire notamment les alphabets différents du nôtre, ou une base de données afin que les particuliers puissent valoriser l'utilisation de leurs données personnelles par les entreprises, par exemple en contrepartie d'un bon d'achat sur un site marchand.

Des data, il en a été question lors de la conférence de Nicolas Colin (inspecteur des Finances) qui, malgré son titre aride « Fiscalité innovante par les data », a mis en lumière de façon très intéressante la nécessité de s'intéresser au volume colossal de données généré dans notre vie quotidienne par nos déplacements, nos communications et nos transactions. Les entreprises américaines tirent déjà parti de la portabilité de ces données, et les consommateurs pourraient même renverser le rapport de force en leur demandant de restituer de façon intelligente des données personnelles qui pourraient leur permettre d'optimiser leurs achats (c'est le Vendor Relationship Management) : on pourrait ainsi imaginer demander aux enseignes de grande distribution de nous donner le détail des achats sur les 6 derniers mois pour pouvoir les comparer.

La taxe du « prédateur payeur » est le moyen imaginé par les instances européennes pour taxer la surexploitation commerciale des données personnelles des internautes (rapport Colin et Collin sur la fiscalité numérique de janvier 2013).

Cédric Giorgio, fondateur de Cookening, nous a ensuite rappelé le lien nécessaire entre les réseaux sociaux et la vie réelle : sonner chez une personne inconnue pour lui demander de dîner chez elle serait considérée IRL (dans la vie réelle) au mieux comme farfelu, au pire comme intrusif. Son site cookening.fr permet d'organiser ou de participer à un repas chez l'habitant, . On peut également distinguer dans cet esprit l'économie collaborative (BlaBlaCar, la Ruche qui dit oui,  AirBnB), les objets connectés (la station météo Net Atmo, le fuel band Nike, la balance connectée Withings), les nouveaux terminaux (les Google glass, ou la montre connectée Samsung), la rencontre (Ouishare, Meetic), mais aussi les imprimantes 3D, le retail, ou la ville connectée.

 

Ce lien avec l'humain, la conférence sur l'Avenir du Search nous l'a également rappelé : Liam Boogar, fondateur de Rudebaguette, site d'information anglais dédié aux start up françaises, avait invité Franck Montsauret d'Outbrain, Gabriel Mandelbaum de Spideo et Yann Léchelle d'Appsfire à échanger sur leur vision respective. La recherche active d'un contenu quel qu'il soit (musique, article, vidéo, film) par l'internaute reste le préambule nécessaire pour que le site puisse ensuite faire une recommandation passive, dont Amazon fut un pionnier. Cette recommandation est issue des algorithmes qui analysent le comportement passé de l'internaute et les conversations, positives ou négatives, issues des réseaux sociaux à propos de ces contenus. Toutefois, même l'algorithme le plus sophistiqué ne pourra jamais remplacer le facteur humain, c'est pourquoi certains sites comme Spideo (recommandation de films et de videos) demandent à l'internaute quelle est son humeur ou son envie du jour, pour être le plus pertinent possible dans ses propositions. Le mobile ouvre dans ce domaine des perspectives encore très prometteuses : la géolocalisation ou l'utilisation de commandes vocales pourront encore enrichir l'expérience utilisateur.

Après avoir piloté pendant la pause déjeuner un drone Parrot, élaboré par les étudiants d'Epitech et eartsup, j'ai assisté à la projection du film Start up kids, où les aventures des fondateurs pour la plupart adolescents, renversent par leur audace et leur énergie : leur capacité à se relever après un échec et le droit à l'erreur que leurs investisseurs leur accordent sont des enseignements précieux à garder en tête.  

A quand des Start up kids  à la Française, voire à la Nantaise ? Peut être pour bientôt car en assistant au pitch en anglais de 4 start ups (Qivivo,10 vins, kskills, Sounderbox), j'ai appris que 4 sur 8 étaient issues de la Start up Factory, l'incubateur Nantais créé conjointement par Atlantic 2.0 et Atlanpôle pour accompagner les porteurs de projets web et TIC. 

De Ken et Barbie aux lolcats 

Le vendredi était consacré à Trempolino aux enjeux RH et à la marque employeur. L'ironie du titre "Ken et Barbie au pays de la marque employeur" exprimait bien le chemin à parcourir pour les entreprises en matière de ressources humaines, et plus encore de 2.0. Une étude menée par l'OCDE nous apprend que 55% des personnes en situation de recruter n'ont reçu aucune formation et reconnaissent prendre des décisions instinctives.

Or l'entreprise fait aujourd'hui partie d'un écosystème très large, où les frontières entre ses différentes sphères d'influence sont poreuses, où sa communication ne s'adresse donc plus seulement en top down à ses clients, mais où toutes ses décisions ont un impact immédiat sur l'ensemble de ses cibles: le cours de son action auprès de ses investisseurs, son image de marque auprès des consommateurs-citoyens, son attractivité auprès de ses salariés mais aussi de ses futurs candidats. 

Les débats entre les DRH, consultants et agences de communication présents ont mis en lumière l'affligeante uniformité des communications RH (à l'exception notable de la BNP) et le chemin qu'il reste à parcourir pour que les DRH prennent conscience des liens étroits qui existent entre leurs actions vis-à-vis des salariés et des candidats, et leur impact de celles-ci sur l'image de l'entreprise.

 En effet, faute de mettre en cohérence les valeurs qu'ils proclament d'une part et leurs actions concrètes d'autre part, les employeurs s'exposent à ce que les candidats, notamment par le biais  des réseaux sociaux, détectent rapidement les écarts, et le cas échéant partagent avec leur entourage leur opinion négative à propos de cette marque.

 

La conférence sur les objets connectés nous a présenté les réflexions de scientifiques et d'un étudiant en thèse pour amener l'information à l'utilisateur sans interface. Ainsi sans avoir besoin de se connecter à un site météo, un porte parapluie pourrait nous indiquer au moyen d'une LED de couleur si nous devons prendre notre parapluie aujourd'hui au moment de sortir.

Pour clôturer cette seconde journée, la directrice de l'agence We are social, Sandrine Plasseraud, nous a retracé comment nous sommes passés de l'ère de la communication à celle de la conversation: les marques ne doivent plus seulement être visibles mais créer de l'engagement pour susciter la préférence et le partage auprès de son réseau, familial, amical ou professionnel.

Les médias sociaux représentant un quart du temps que nous passons sur Internet, ces enjeux ne peuvent être ignorés par les marques. C'est d'ailleurs une réflexion qui n'est pas nouvelle:  en créant les guides du même nom, Michelin visait à prolonger l'expérience de ses clients en l'élargissant au voyage, et de maintenir l'attachement à la marque entre deux achats de pneus.

Ce sont les lieux d'expression de ces conversations qui ont changé et s'appellent aujourd'hui Facebook, Twitter, ou Pinterest. Mais si les marques les ont bien identifiés, elles cèdent parfois à la facilité en proposant à leurs communautés des contenus sans aspérité et sans rapport avec l'ADN de la marque, tels que les lolcats: que celui qui n'a jamais ri devant ces fameux chats auxquels on prête des expressions amusantes me jette la première pierre ! (ma version préférée est )

Contre exemple à cette tentation de la facilité cité par S. Plasseraud, la campagne dégainée en un temps record par la marque Oreo pendant la panne d'électricité du Super bowl.

 

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Pour conclure sur tous ces échanges très riches, 2 composantes essentielles :
- la première, la passion, est de façon très évidente commune à tous les participants,
- la deuxième est le regard bienveillant qui fait dialoguer des concurrents, partager des leaders de leur secteur avec des jeunes diplômés de l'école et créer un véritable esprit de réseau.

>>>> Mon tout donne une vision très dynamique et concrète de l'économie numérique, et lui rend honneur en tant que créatrice de valeur,  d'innovation et d'emploi, dans un contexte général trop souvent marqué par le pessimisme.
A l'année prochaine !
Marion
Marion elle travaille dans le domaine du marketing et la communication depuis 13 ans. Passionnée de nouvelles technos, de voyages et de cuisine, elle s'intéresse de près à la Com 2.0 autant côté pro que perso.